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001 · Dire pour Agir · 06/08/16 · Compte-rendu sur une journée de formation sur le jdr · Écouter · Lire l’article

002 · Table Ronde 01 · 03/09/16 · Les genres, leurs codes et leurs systèmes de règles · Écouter · Lire l’article

003 · Table Ronde 02 · [à venir] · La place des femmes dans le jeu de rôle · Écouter · Lire l’article

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001 · Actu TV · 09/2013 · Interview de Jules Cybèle et Paragraphe 14 · Voir la vidéo · Lire l’article

Café blasé

Cette fois, mon café glacé a la saveur d’une autruche. Très en colère. Il ne manque plus que les plumes pour qu’il lui pousse des ailes. L’eau et l’air, tout et son contraire… Pourquoi l’ai-je bu ? L’ai-je voulu ? Il m’a plu. Vous le savez, je l’ai bu, alors, qu’attendez-vous de savoir de plus ? Vous aimeriez que je vous raconte, ce nectar aigu, cette coquille tiède qui, percée à jour, vous déverse son œuf marron glacé, cette cassonade qui se fait désirer. Vous auriez voulu que je vous dise, qu’il vous séduise, que vous flûtes enchantées de le savoir ! Mais vous l’eussiez bu à ma place. Cela ne s’eût pu. Jamais ! Allez tous vous faire boire ! Moi je préfère vous noyer dans la noirceur, vous étouffer avec des plumes d’autruche très énervée, tout en vous évitant le ridicule du redondant. Permettez-moi d’étendre votre palais aux succursales de mes goûts contrastés, sans avoir à trop en dire. Il suffira de délier vos langues, sans en baver. Ce qui ne sera pas donné, je le concède. Et reprendre sera voler.

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Dire pour Agir

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Du 29 septembre au 14 décembre 2015, j’ai suivi la formation Dire pour Agir. Elle a pour but d’enseigner les bases de l’animation socioculturelle*, en se focalisant sur les pratiques orales et écrites : ateliers s’écriture, conte, lecture à voix haute, récit de vie, slam, etc. Pour celles et ceux qui seraient intéressé(e)s, sachez qu’elle se déroule à Liège, Verviers et Namur (prenez contact avec le PAC pour plus d’informations). Si je vous en parle aujourd’hui, c’est pour faire le point sur l’usage possible du jeu de rôle sur table en tant qu’outil d’animation socioculturelle. En effet, j’ai proposé à l’équipe d’animer une journée de formation continuée sur le jeu de rôle. La proposition a été globalement bien accueillie, voici le compte-rendu de cette journée enrichissante.

Le podcast présente une définition du socioculturel et du jeu de rôle à vocation socioculturelle.

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Ainsi, je mourrai

La bière coule en moi comme un volcan. L’amer dévale le dédale de mes pensées, saturées, je voudrais m’y noyer, mais le feu aura raison de moi avant que je ne cesse de respirer. Je veux mourir étouffé, privé de câlins, mais saoul. Dévoré, consumé, mais entier. Je veux n’être qu’un cadavre, un pied de nez à la réalité, qui dit merde à tout sauf au bon sens. Même au bon goût. Je veux me fumer, me rôtir à la broche, au moins j’aurai une bonne raison de tourner en rond. Je veux me dépecer, m’arracher la plume et tacher vos vies avec mon sang. Ainsi, je saurai que mes mots vous auront touchés.

La chute originelle

La pluie était tombée, tellement fort que le Ciel avait rejoint la Terre. Les titans soupirèrent longuement, plongés à nouveau dans le Chaos originel. Au moins, la pluie avait cessé. Stagnante, elle devint l’Océan. Alors le Ciel et le Terre conçurent à nouveau le monde… mais, cette fois, sans nuages.

Cœur de bière

Moi qui suis si terre à terre,
J’ai pourtant la sensation
Que se rêve l’émotion
Dans un double fond de verre.

Sous l’esprit de ce charbon
S’infuse mon cœur de bière,
Brassé comme un goût d’hier
Pour les vertus du houblon.

Se diffuse en moi l’amer
D’un phénix en ma potion
Dont les griffes se resserrent,

Et qui me donne l’aplomb,
Sans nul charme de sorcière
De brûler sans consomption.

J.C. 3 mars 2009

La tombe de sel

Elle venait de prier les dieux de la satiété, pour encore souffrir, encore avoir faim. C’était sa raison de vivre, ressentir ce manque : un trou béant fait de honte et de désirs inavouables. Ils l’exaucèrent. Elle eut faim comme jamais : victime d’un appétit maléfique, elle voulut engouffrer toutes sortes de choses dont elle ignorait jusqu’à l’existence. Mais sa faim la creusait, comme une tombe. C’était ce qu’elle voulait : mourir dans l’envie, au plus proche de son être. Et lorsque, enfin, elle eut tout dévoré de son monde intérieur, elle se mangea elle-même avec un peu de sel. Et tous la regardèrent se décharner sans lever le petit doigt, de peur qu’elle ne le mange aussi. Quand il ne resta plus que le crâne qui mastiquait ses propres dents, des curieux se dispersèrent tandis que d’autres se mirent à prier, adressant à ce nouveau dieu leur désir de satiété.

Deuil de Sphinge

Je cauchemarde à cette idée
Qu’au bout de moi le vide espionne
Au quart de tour, pour me piéger.

Je rêverais que tu me guettes
À mon retour, griffue lionne,
Tant que s’accule en moi la bête.

Je songe à toi la nuit venue :
Deuil de Sphinge qui me questionne,
La prime peur dont l’oeil se tue.

Je dors pourquoi ? J’attends la mort
Comme un cerveau qui se rationne,
Une illusion devant la mort.

Réveille-toi, maudit humain !
C’est l’avenir qui t’auditionne,
Et toi tu fuis les lendemains ?

Pense à ton coeur, il te fait vivre
Et non souffrir ; il se passionne
Pour un éther où l’âme est ivre.

Deviens toi-même au prix coûtant,
La liberté, tu l’ambitionnes,
Dérobe à point le fruit du temps.

J.C. 26 février 2009

De pluies et de chair

Si j’étais un dinosaure, je serais leur dieu, fait de pluies et de chair sans une once d’esprit, tout au plus empli de pulsions insoumises. Plus longs qu’une vie, mon cou serait ma colère et ma queue ma convoitise, ils me verraient tel que je suis : seul et symbolique, et mes pattes porteraient leurs espoirs pathétiques. Tonne après tonne, je broierais leurs prières si elles s’échappaient, si elles chutaient de mon dos voûté en guise de ciel orageux, jusqu’à ce qu’à cause d’eux je patauge dans la boue de nos souffrances conjointes. Ils me laisseraient m’y empêtrer, car c’est dans la nature des choses. Jusqu’à ce que l’orage passe. Jusqu’à ce que ma colère s’affaisse, jusqu’à ce que je ne désire plus rien d’autre que reposer là, oublié de tous, léguant le fossile de ma rancœur à l’Histoire.

J.C. – 15 janvier 2016

Mots restés

Le vide est inspiré
Par ce que l’on veut tuer de soi,

Souvenirs souffreteux
Et autres vérités du terroir.

Il faut, pour s’accomplir,
Agir au devant des non cachés.

Parler est être lent,
Nier, se réduire aux mots restés.

J.C. 10 mars 2009