Art de Livre 2015

Cette année, le steampunk était à l’honneur à Blegny-Mine : costumes hauts en couleurs, duels de thé, hauts-de-forme et concours de nouvelles dans le genre. Un souffle vaporiste aguicheur et dynamique. Face à cette débauche d’originalité, l’objet-livre paraît bien fumeux… Il faudra plancher sérieusement sur des techniques d’accroche un peu plus savantes, afin de percuter ce public si évanescent, emporté par la vapeur.

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Samedi dernier, un air de déjà vu m’envahissait. Non sans quelques nuances, lesquelles faisaient tellement bien la différence qu’une bonne humeur tranquille allait guider mes pas toute la journée. Je me levai tôt, pas trop quand même, me préparai à peine, engouffrai trois lacquements achetés la veille sur la foire, embarquai les quelques exemplaires de Deuil le Jour qu’il me restait, filai à ma voiture, garée pas trop loin, et roulai avec assurance en écoutant de vieux tubes d’Aerosmith.

Était-ce là une façon de se préparer à un salon du livre ?

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Certes, j’aurai pu me préparer la veille, l’avant-veille, une semaine ou deux à l’avance… Mais non. Pour tout vous dire, j’avais carrément oublié de m’inscrire à ce salon ! Je l’ai fait en dernière minute, la veille de l’avant-veille. Il doit y avoir quelque chose qui me fait couler sur une pente peu recommandable, comme celle de l’encre qui fuit. Et oui, hélas, l’esprit de l’écrivain n’était guère avec moi.

Serait-ce un appel à contribution de sa part ?

À votre avis, je l’appelle lui, ou il m’appelle, lui ? Esprit es-tu las ? Je me suis perdu, ça y est. Lecteur, tu fais naître en moi la confusion. Oui, je rejette délibérément la faute sur toi. Cela vaut mieux, sinon je risquerais de déverser ma colère sur moi-même, ce qui serait contre-productif. Lecteur, pour qui je passe inaperçu, pardonne-moi de ne pas m’être fait connaître à toi. De ne pas avoir été un bon aspirateur à vapeur. (Car la vapeur, c’est toi). Eh! comment faire si nous sommes aussi insipides l’un que l’autre, l’un pour l’autre ? Comment provoquer ce point de rencontre entre ton regard et le mien, ce heurt entre nos deux consciences qui, un samedi d’octobre, te ferait dépenser 15€ pour des mots ?

Tchhhhhh… ding ding ding !! Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, transgenres en tout genre, notre duel de thé commence. Venez voir ces Vaporistes distingués tremper leur biscuit avec dignité.

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Constatez-le, il règne une intensité dramatique et sucrée jamais atteinte. Cette scène ferait une peinture ou une nouvelle magnifiques. Chiche. Que dites-vous ? Les autres ? Quels autres ? Les auteurs ? Ah les auteurs ! En costumes, pour beaucoup. Plaît-il ? Qui étaient-ils ? Qu’en sais-je ! S’il y a bien une chose que je n’ai pas oubliée, c’est mon nombril. Ne m’en demande pas trop ; consulte le site, et tu sauras.

Je me ficherai bien, cette fois, de te parler des autres auteurs.

L’impertinence est mère de succès. Je m’entraîne déjà à devenir un meilleur aspirateur. Mais, si tu patientes, lecteur abasourdi, tu verras qu’il y a des exceptions qui confirment la règle. Des exceptions qui fondent un paysage désormais familier : celui de mon petit monde ombilical, peuplé de mogiciens. Et s’il y a bien un fait auquel je m’étais préparé, c’était de retrouver mes mogiciens ! Quant à cela, aucune déception, un plaisir toujours partagé et plus fort chaque année.

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Ne sois pas jaloux, lecteur, si je t’apprends qu’à mes yeux, voir l’un de mes poèmes sublimement calligraphié par mon vieil ami ou lire une nouvelle steampunk écrite avec goût par ma voisine, m’a plu davantage que de guetter ton arrivée. Cela m’a au moins permis de me rappeler que j’existe, et qu’il est tout aussi plaisant pour mes acolytes de constater qu’ils existent à leur tour. J’ai préféré boire une bière, ou deux, écouter, parler, recevoir et donner des confidences, des sourires, des bonjours, des au-revoir. Plutôt qu’espérer vendre. C’est là ma façon d’aborder un salon du livre.

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Je ne te dirai pas, lecteur, combien j’ai apprécié lire la nouvelle de Delphine (prix Nautilus, Geekopolis 2015) : Les inventeurs de Val-sur-Rouille, qui, malgré le brouhaha, m’a transporté dans son petit monde savant et enchanté où s’activaient des machines aussi ingénieuses que farfelues ou inquiétantes, lesquelles, finalement, avaient couvert le bruit ambiant. Je ne te dirai pas non plus avec quelle sensualité j’ai caressé longuement le poème calligraphié en pensant à mon ami. Cela me regarde. Et si tu veux en savoir davantage, tu n’as qu’à lire mes livres. Ou ceux de Delphine. Ou prendre des cours de calligraphie…

Soit. Tu n’as qu’à vivre curieusement !

Et attends-toi à ce que, prochainement, je me sois mieux préparé à te harponner.

2 réflexions sur « Art de Livre 2015 »

  1. Moi aussi j’ai apprécié ce salon grandiose qui mêlait les époques avec panache. Et la vapeur n’a pas fait de fog, pas de foggy mines mais d’heureuses mines partout. Moi aussi j’ai aimé revoir les uns et autres, sourire et partager quelques bières…

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  2. J’en connais qui avait du mal à manier sa mine durcie, à force de calligraphier on attrape des crampes ! Je suis toujours content de vous revoir et de parler papier. C’est à se demander si on vient pour vendre ou pour donner 😉

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